La rivalité mimétique par René Girard.
"Deux individus rivalisent pour l'appropriation du même
objet.
Celui-ci est d'autant plus désirable pour chacun qu'il est désiré par
l'autre. Très vite, les deux individus, devenus adversaires, vont détourner leur attention de l'objet pour la tourner entièrement vers leur rival. Et ils vont se battre, non pas pour acquérir
l'objet, qu'ils tendent dès lors à délaisser et à oublier, mais pour éliminer leur rival. Peut-être même préféreront-ils détruire l'objet de leur désir, plutôt que le laisser devenir la propriété
de l'autre. Leur adversité “se fait rivalité pure″.
A partir de ce moment, les rapports mimétiques entre les deux rivaux seront dominés par la logique de la violence. “La violence, écrit René Girard, est un rapport mimétique parfait, donc parfaitement réciproque. Chacun imite la violence de l'autre et la lui renvoie, “avec usure”.
Si la médiation d'un adulte n'est pas parvenue à amener les deux enfants qui rivalisent pour la possession d'un même jouet à conclure un pacte, ils en viendront rapidement aux mains, au risque de casser le jouet."
La violence survient lorsque l'homme refuse que son désir soit limité par la réalité et soit contrarié par l'existence d'autrui.
“J'ai le droit, note Simone Weil, de m'approprier toutes choses et les
autres y font obstacle. Je dois prendre les armes pour écarter cet obstacle.”
La violence s'enracine dans un désir illimité qui se heurte à la limite constituée par le désir des autres.